D’entre tous les effets de la guitare électrique, la pédale wah-wah est assurément la seule que le grand public -en d’autres termes le commun des mortels non guitariste- sache reconnaître, identifier et nommer, sans hésitation aucune !
Elle a ce privilège et cette faveur de l’imaginaire populaire et collectif, bien plus encore que le fuzz, au point d’être devenue l’emblème de l’esthétique sonore de la génération des seventies. Son empreinte auditive est si adhérente à son époque qu’un seul va-et-vient du pied sur le plateau de la pédale vous renvoie aussitôt à des horizons aussi divers et variés que Jimi Hendrix et Frank Zappa pour les plus connaisseurs, qu’au générique de Shaft -voire les musiques additionnelles dans Starky & Hutch- et Funkadelic pour les plus fondamentalistes de l’effet, qu’à Miles Davis pour les plus pointus, et même aux paroles du chanteur de variétés français Nicolas Peyrac qui dans l’une de ses chansons évoquait la drague et la danse du temps de son papa : « Quand vous dansiez en ce temps-là, pas besoin de pédale wah-wah (in : Et Mon Père) ».